Ma semaine à Premiers Plans

Ma semaine à premiers plans - Affiche

Début janvier j’apprenais avec joie être sélectionnée pour le projet Startin’ Blog, qui permettait à différents jeunes de divers horizons d’écrire pour le blog du festival Premiers Plans à Angers, qui se déroulait du 20 au 29 janvier 2017. Entre sessions imposées et parcours libre, nous étions cinq jeunes de 20 à 27 ans à devoir fournir minimum deux articles sur des films vus, supervisés par Léo, un jeune passionné de cinéma qui avait participé au même projet l’année précédente, et Gwen Froger , journaliste culture au Courrier de l’Ouest.

Armés de nos badges VIP (oh, le sursaut de joie quand il nous fut donné, ce saint Graal dont je m’habituais bien vite à la sensation autour de mon cou, carte rassurante et familière que je malaxais régulièrement entre mes petites mains), nous établissions selon nos goûts, notre programme, à grands coups de fluo et stylo sur le catalogue pour ma part. Ainsi, petites fourmis noyées dans la masse cinéphile, on pouvait nous croiser dans divers lieux de la ville : le Centre des Congrès, les 400 coups, le Gaumont ou encore le Grand Théâtre servaient de décor aux diverses projections et conférences.

Ma semaine à premiers plans - Blogueurs

« Ah qu’on est beaux! »

Cette expérience fût, il faut le dire, assez intense pour ma part : malade, je courrais du matin au soir voir des films dans divers lieux de la ville, espérant avoir une place à temps, mangeant sur le pouce, transportant parfois mon ordinateur et appareil photo que je n’utilisais finalement pas, priant ne pas m’endormir pendant une séance ou farfouillant énergiquement dans mon sac à la recherche d’aspirines et mouchoirs, quand mon nez un peu sensible se manifestait par un joli saignement (que ceux intéressés par l’histoire de ma cautérisation lèvent la main. Personne ? Bon…), et cela en gérant mes deux jobs à côté. Pour la première fois de ma vie, je goûtais à la fatigue purement physique : cette sensation étrange de posséder un corps vidé de son énergie alors que mentalement et moralement, ça tourne à plein régime, excitation due aux événements à venir, aux articles qu’on envisage d’écrire…

Mais pour rien au monde je ne regrette d’avoir participé à ce projet, qui m’a permis de non seulement consolider un tant soit peu ma culture ciné tout en pratiquant l’exercice de l’écriture avec un retour direct de professionnels : forcément, c’est enrichissant, et puis je conciliais ainsi deux activités que j’aime.  Revenons en quelques points sur cette semaine riche en expériences :

Vendredi :

Quand les premières minutes avec les autres que tu viens de rencontrer se passent dans un ascenseur qui ne fournit plus de lumière et que tu ne peux t’empêcher de penser que tous les films d’horreur commencent comme ça. Blague à part, cette plongée rapide dans les entrailles du Centre des Congrès, entre couloirs interminables et spots entassés jusqu’au plafond, fait prendre conscience que la machine est assez énorme. Tour de table pour une présentation rapide, distribution des pass et catalogues, et nous voilà partis pour la cérémonie d’ouverture. Mon article sur celle-ci ici.

Samedi :

Quand tu arrives pile à l’heure pour 4 mois , 3 semaines, 2 jours de C. Mingiu au Gaumont et que tu es toute fière parce que tu as trouvé où te garer gratuitement (une lutte de tous les instants). Que tu te pointes 20 minutes en retard à la première session d’écriture car tu n’es pas fichue d’appuyer sur la bonne sonnette alors tu attends bêtement dans le froid avant d’appeler ton référent (bon et puis tu as ton sandwich à finir). Que tu ne rêves que d’une chose : faire de l’œil à Lambert Wilson aller finir ta nuit, mais que la journée est loin d’être terminée car le soir direction le Centre des Congrès pour On l’appelle Jeeg Robot.

Mon article sur le film ici.

Dimanche :

Ce moment où tu maudis ton référent parce 9 heures du matin c’est beaucoup trop tôt pour une session d’écriture, mais qu’il t’annonce qu’il a réussi à décrocher une interview d’Olivier Gourmet. Ce moment où grâce à celle-ci tu pénètres dans le salon Bouvet du festival et tu sais que tu ne le feras pas deux fois. Et celui où tu sais que tu ne réussiras pas à poser une question à cause de ta voix cassée, et l’impression permanente d’être dans la panade à cause de ton rhume. Essayer de ne pas s’endormir, réussir à poser vaguement une question et finir par t’apercevoir que la nana juste derrière toi c’est Oulaya Amamra, de Divines,  ce film où les gens aux 400 coups à la fin de la séance ils étaient tous en PLS et en sanglots.

Zapper une des séances imposées pour aller voir Compte Tes Blessures de Morgan Simon , refaire la même le soir en allant à Patients de Mehdi Idir et Grand Corps Malade et apercevoir du beau monde : les frères Dardenne, Lambert Wilson, Olivier Gourmet, et Grand Corps Malade himself (et quand il parle, oui oui on dirait qu’il slame aussi).

L’interview d’Olivier Gourmet  c’est .

Ma semaine à premiers plans - Olivier Gourmet

« Et oui j’y étais, enrhumée jusqu’aux yeux mais j’y étais » ©Léo Brient

Mercredi :

Startin’ Blog, c’est fini depuis dimanche soir, mais ton badge est toujours valable et tu en as bien profité : Le Silence de Lorna des Dardenne mardi soir, et un jour avant Baccalauréat de Cristian Mungiu dont tu avais commencé à tâter la filmographie quelques jours plus tôt (voir plus haut). D’ailleurs, Mungiu, il se tient quelques dizaines de mètres devant toi, répondant à la question que tu as posée , un peu tremblante, au micro, dans l’auditorium du Centre des Congrès. Une part de toi trouve ça incroyable d’avoir l’opportunité de le croiser dans ta vie: quelques mois plus tôt, tu entendais parler de lui pour la première fois dans une émission télé, et tu t’étais faite la réflexion que ce type avait l’air intelligent, intéressant, avec un côté clairement inaccessible.

Le temps d’entendre la réponse, et satisfaite tu files dans le hall du centre : un SMS de Gwen te convie à participer à ArtyShow, émission locale sur une radio qui l’est tout autant : c’est un spécial Startin Blog, et croiser les jeunes qui ont pris le relais après ta session (le projet s’étale en trois sessions sur les neuf jours) tout en retrouvant quelques anciens est intéressant, et permet l’échange. Et puis mince, je peux dire que je suis passée à la radio tout de même !

Tu peux entendre ma voix sensuelle et envoûtante (on fait ce qu’on peut pour attirer le client…) sur Radio Campus.

 

 

Pour conclure la semaine ce sera Grave de Julia Ducournau, suivi de Fish Tank d’Andrea Arnold le samedi après-midi, et puis soudain le moment de remiser le pass au fond d’un tiroir arrive, même si les souvenirs sont là, bien présents, encore pour quelques temps. Assez amusant de constater que , les jour suivants, je continuais à fréquenter les salles obscures encore plus que d’habitude, à la recherche de ces films qui allaient déclencher en moi l’envie de revenir, encore et encore, poser mes fesses sur ces fameux fauteuils rouges.

Ma semaine à premiers plans - Public

©Sandrine Jousseaume

Quelques liens

Le site Startin’ Blog, pour retrouver tous les articles qui ont pu être écrits sur pleiiins de films.

Le site de Radio Campus, radio angevine intelligente.

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