Et si je n’ai pas envie de continuer mes études ?

Et si j'ai pas envie de continuer mes études - Veronica Mars

Ma tête quand le site de la fac rame…

J’ai toujours été placée dans la catégorie des gens qui adorent l’école et les études en général. Quand j’étais petite, je prenais toujours de l’avance sur les lectures à faire, sur certains exercices, et j’étais toujours au top niveau résultat. J’ai continué sur cette lancée pendant longtemps, mais il faut dire qu’une fois arrivée au lycée, ma motivation s’est quelque peu dégradée.

Je m’étais dit que c’était surtout parce que j’étais obligée de suivre des cours qui ne m’intéressaient que moyennement, et que les études supérieures me boosteraient davantage. Oops.

Ça m’a donné matière à réfléchir, sur l’éducation en général, sur la course aux diplômes et sur mon envie ou non de continuer.

Capacités VS envie

On nous pousse toujours à continuer nos études aussi loin que nos capacités nous le permettent. Ça serait dommage de gâcher tant de potentiel, non ? Pourquoi se contenter d’une formation en deux ans si l’on peut aller jusqu’à bac+8 ?

Et il est vrai que, de nos jours, tout devient plus compliqué dès lors qu’on n’affiche pas trente-six diplômes sur notre CV. Il faudrait avoir vécu des dizaines de vies en une seule…

En y réfléchissant, je me rends compte que l’orientation professionnelle est, de nos jours, sujette à beaucoup de pression. J’entends par-là qu’on nous rabâche dès le collège qu’il faudrait avoir une idée de ce que l’on voudrait faire plus tard. On s’imaginait presque tous qu’une fois rentrés au lycée, il serait trop tard pour choisir.

L’entrée en seconde générale

Là, on se retrouve face à un premier choix déterminant : première littéraire, économique et sociale ou scientifique ? Encore une fois, on nous oriente selon nos capacités et pas selon nos envies. Alors qu’on nous disait de cocher deux choix, sait-on jamais, moi j’avais décidé que je ne mettrai qu’un seul vœu sur ma feuille : première littéraire. (ouh la rebelle)

Là encore, certains de mes professeurs se demandaient pourquoi j’avais choisi cette voix, alors que j’avais tout à fait les capacités pour suivre une filière scientifique. J’avais certes de bons résultats en sciences et en maths, mais je m’en contrefichais, ça ne m’intéressait pas. Pourtant, on m’a poussé à changer d’avis. Dommage que je sois bornée.

Même topo en fin de Terminale : tiens donc, Mélanie, tu vas à la fac ? Une prépa littéraire, ça ne te tente pas ? A croire que les autres ont plus d’ambition pour moi.

Le fait est que, voilà, je n’avais pas envie de faire scientifique, et encore moins de me coltiner deux ans de prépa. C’est d’ailleurs mal me connaître que de me croire capable de survivre dans une ambiance aussi stressante et compétitive!

Mais pourquoi attache-t-on plus d’importance aux capacités qu’aux envies, aux rêves et aux ambitions ?

Prise de risque ou simple flemme ?

On pourrait penser que ceux qui décident d’arrêter après le lycée, ou encore après la licence, ne sont motivés que par une flemme intense. Leur canapé leur semblerait plus attrayant que les sièges d’amphi qui font mal aux fesses. Il y en a, c’est sûr.

Mais il y a aussi des gens – comme moi – qui en ont simplement marre et qui ont envie de voir autre chose. De faire quelque chose de plus concret, ou de changer complètement de voie.

Et c’est là que se pose la question existentielle :

Arrêter parce qu’on ne se sent plus à sa place et risquer de galérer ou continuer et décrocher un bon travail au bout ? Parce que oui, voilà ce qui nous motive : l’argent. Arrêter les études – du moins pour un temps, c’est prendre le risque de ne pas trouver de travail ou de ne pas se faire une paye mirobolante avant un bout de temps (si ce n’est pour dire jamais).

A partir de là, c’est un vrai choix qu’il faut faire. Certes pas évident, mais qui déterminera plus ou moins le reste de notre vie. Plutôt se borner à continuer les études et décrocher le job qui va ravir notre portefeuille, pour ensuite se la couler douce après la retraite, ou galérer peut-être un peu plus que les autres, mais aboutir sur un job qui nous plaît et qui nous permettra d’être heureux toute notre vie ?

Et je ne dis pas que continuer ses études et avoir un boulot bien payé au bout signifie qu’il ne nous plaira pas, tout dépend des filières, des cas, des envies, des rêves de chacun ! 😉 Mais le système éducatif ne convient pas forcément à tout le monde et, pour faire partie de ces gens-là désormais, je pense qu’il est important d’explorer les autres options.

Créativité, réflexion et études

Et si j'ai pas envie de continuer mes études - TED

Je suis récemment tombée sur un TED Talk, qui date un peu mais qui n’en reste pas moins pertinent : Do schools kill creativity ? (L’école détruit-elle la créativité ?). Et je l’ai trouvé absolument génial.

Dans ce talk, Ken Robinson nous parle d’éducation, de créativité, d’erreurs… Pour résumer, il nous explique que l’école, de manière générale, ne nous permet pas de développer notre créativité et notre capacité à innover. Pour la simple et bonne raison qu’en grandissant, nous nous rendons compte que l’erreur est stigmatisée. Alors que c’est justement en faisant des erreurs que l’on avance, que l’on apprend, que l’on innove. Il mentionne le fait que l’art, hiérarchiquement parlant, a toujours eu moins d’importance que les maths, les langues, ou les sciences humaines. Je vous invite à le regarder ici, c’est vraiment super intéressant.

Ce qui m’amène à dire qu’on nous apprend à être irréprochable, constamment, à choisir la bonne voie, la bonne filière, à s’asseoir et à écouter un professeur dicter son cours. Qu’on ne donne que rarement libre cours à notre imagination, à notre réflexion. Ça me fait penser aux cours de philosophie, en Terminale. J’attendais cette année-là avec impatience car j’imaginais ces heures propices à la réflexion et à l’échange. Puis je me suis rapidement rendu compte que, comme quasiment partout, il fallait apprendre les définitions, les pensées des philosophes et les recracher, sans vraiment les contredire parce qu’ils avaient forcément raison.

Et effectivement, pendant toute notre scolarité on nous aura reproché nos erreurs comme s’il s’agissait de la pire chose qui soit. Et on nous aura demandé « d’apprendre par cœur », tout le temps.

Le fin mot de l’histoire

Tout ça pour conclure qu’on se focalise sur les capacités, qu’on stigmatise les erreurs et qu’on ne prend pas vraiment en compte la créativité, les envies et les rêves des élèves. On fait la course aux diplômes comme si c’était la base de tout – parce que finalement, dans notre société actuelle, ça l’est peut-être? On perçoit les études un peu comme une fatalité, souvent comme une obligation alors que ça ne devrait pas.

Et je sais que pour certains, pour une majorité même, le système actuel convient parfaitement et tant mieux. Mais pas pour tous. Et sous prétexte que j’ai les capacités, le temps, la possibilité, je n’ai quand même pas envie de continuer juste pour continuer. Quitte à reprendre plus tard, je préfère prendre une « pause » et voir autre chose !

Alors plus qu’un an et je pars à « l’aventure » ! 😉

Et vous alors, vous en pensez quoi de tout ça ? Vous avez fini vos études ou vous êtes encore en plein dedans ? 🙂

Rendez-vous sur Hellocoton !

You might also like

Comments (2)

  • Alexandra 1 année ago Reply

    Ton article est très intéressant 🙂
    Pour ma part, j’ai fini mes études. Un joli bac+5 d’école de commerce.
    J’ai toujours aimé l’école, mais par moment je n’en pouvais plus. Alors, j’ai trouvé LA solution, qui est pour moi une bénédiction : l’alternance.
    Je la conseille à tout le monde, c’est ce qu’il y a de mieux ! Comme quoi, l’état français a aussi développé de très bons concepts !

    Mélanie 1 année ago Reply

    Merci ! 🙂

    C’est peut-être ça qu’il me faudrait aussi, mais j’attends de savoir ce que je veux vraiment dans la vie haha Je pense que le fait que je sois en plein doute ces derniers mois, voire presque cette dernière année influe un peu sur mon jugement vis à vis de l’école. Enfin je pense que tout est lié, un peu. J’en ai marre et du coup ça ne m’aide pas à savoir ce que je veux faire, et ne pas savoir ce que je veux faire ne fait qu’accentuer mon envie d’arrêter mes études.

    Enfin on verra bien! En tout cas merci de ton commentaire!

Leave a Reply

*