« La chance, t’es encore en vacances ! »

La chance t'es encore en vacances

Quasi six mois se sont écoulés entre la fin de mes cours et le début de mon service civique, et pourtant ces six mois ont été tout sauf productifs. Alors certes, j’ai vu des amis, ma famille, et ces moments m’ont permis de sortir (la tête de l’eau), et c’était chouette.

Mais je suis majoritairement resté coincée entre cette idée que je devais absolument trouver un boulot ou que je pouvais en profiter, à défaut, pour avancer sur mes projets. Je me suis alors retrouvée à voir les jours passer, parfois même sans bouger de chez moi.

Je ne dirais pas n’avoir strictement rien fait, mais je n’ai certainement réalisé que 10% de tout ce que j’aurais pu faire. Je n’ai pas autant travaillé sur mon blog que je l’aurais voulu, j’ai pataugé dans mon projet sans vraiment savoir par où commencer.

Le pire, c’est que je ne saurais même pas vous dire pourquoi.

Et tout le monde ne cessait de me faire remarquer à quel point j’avais de la chance d’être en vacances. C’est vrai, et je les comprends ; quand j’étais en cours j’avais hâte d’y être aussi. Et puis je croyais que cet état quelque peu léthargique dans lequel je me trouvais à la fac cesserait dès que je serais enfin « libre ». Dans ma tête c’est toujours « mieux après ». Après quoi ?

Parce que je n’en pouvais plus des cours, je n’en pouvais plus de la fac. Je ne m’y retrouvais pas dans le système universitaire qui ne coïncidait plus avec ce que j’avais envie de faire – comment ça je joue la rebelle ?

Et puis je croyais – naïvement – pouvoir trouver un boulot enrichissant et inspirant, sans vraiment savoir où chercher pour autant.

Et j’ai commencé à culpabiliser d’avoir quitté mon job en intérim, qui me fatiguait mais qui me rapportait pourtant de l’argent. Je n’avais cessé de dire que ça allait et que l’ambiance y était bonne, mais je n’arrivais pas à accepter cette idée de devoir passer cinq ou six mois à faire des kilomètres dans un entrepôt une fournaise gigantesque et sans intérêt.

J’ai eu ce luxe de pouvoir décider d’arrêter. Mais je me suis sentie bien trop prétentieuse d’oser me plaindre d’un job étudiant qui n’avait duré qu’un an (à temps très très partiel). Alors que certains passent vingt piges dans une boîte qu’ils détestent. Est-ce que ça fait de moi quelqu’un de capricieux pour autant… ?

J’ai cherché autre chose, j’ai voulu tenter des missions en freelance, ou quoi que ce soit qui me permette d’apprendre des choses au lieu de répéter des gestes machinalement.

Mais de toute manière, le syndrome de l’imposteur me rattrapait tout le temps, et j’ai certainement loupé des opportunités à force de rester recroquevillée sur moi-même.

Ne pas vouloir sortir de ma zone de confort (psychologique et même parfois physique), c’est l’un de mes plus gros problèmes.

Et puis il y avait des matins avec. Des matins où j’arrivais à me lever et où je débutais ma journée dans un bon état d’esprit, prête à bosser sur mes projets persos et à arrêter de culpabiliser de ne pas pouvoir me remplir les poches. Après tout, quitte à rester chez soi autant que ce soit utile.

J’aurais pu écrire dix fois plus d’articles, créer le site en amont pour mon projet de service civique, mettre en place de bonnes habitudes, lire une dizaine de bouquins, faire beaucoup de sport, rendre l’appartement nickel chrome, participer à davantage d’événements, de conférences, de rencontres, m’engager dans une asso, me remettre enfin à l’écriture, participer à ces deux concours de nouvelles, voir davantage mes amis, ma famille, passer plus de temps dehors, me renseigner encore plus sur l’écologie, …

Mais il y avait (beaucoup) de(s) matins sans. Des matins où je trainais au lit en détestant la journée d’avance. Des matins qui finissaient en journées qui finissaient en soirées assise sur une chaise ou sur le canapé, à tenter de faire quelque chose avec mon cerveau sans y parvenir. A défaut, j’ai mangé, grossi, déprimé, et du coup re-mangé. Logique.

Des journées entières de rien entrecoupées d’un paragraphe pour un article, d’une inscription sur des sites de jobs.

Des soirées détente en amoureux devant un film à essayer de relativiser ; « tant pis, je ferai mieux demain ».

Pour que demain arrive, avec ce sentiment indescriptible et oppressant, oscillant entre le manque de confiance et le manque de motivation.

Avec cette sensation insupportable d’impuissance et surtout d’incapacité.

Avec cette vérité paradoxale ; il y a tant de choses dont j’ai envie, besoin, que je suis motivée à faire mais je ne peux me résoudre à passer à l’action. Comme si avancer sur autre chose me rendait fainéante, parce que je ne trouvais pas de job, ou n’en cherchais pas assez.

Au lieu de me taper constamment sur les doigts je me suis dit que déculpabiliser me ferait du bien et m’aiderait à avancer.

C’est pas grave, demain je me lèverai plus tôt.

C’est pas grave, demain j’écrirai un article.

C’est pas grave, demain je rangerai mon bureau.

C’est pas grave, demain… Il est déjà 21h et rien n’a changé.

J’avais tellement de chance d’être en vacances – probablement les dernières aussi longues de toute ma vie – que j’ai laissé passer cette chance en ne faisant RIEN. Ironique, n’est-ce pas ?

Qu’est-ce qui me manquait alors ? Un coup de pied aux fesses, que quelqu’un vienne me prendre la main pour me trainer ici et là? Le mystère restera (peut-être) entier.

Et puis il a fallu déménager, reprendre un rythme normal, commencer le service civique, rencontrer de nouvelles personnes. Et là tout s’éclaire à nouveau parce que les journées ont à nouveau un sens et une certaine consistance. Parce que je ressens à nouveau cette fatigue des jours bien remplis et des heures passées dans les transports. Cette fatigue purement physique qui te fait t’étaler sur ton canapé avec un petit soupir de soulagement.

Au final, c’est presque une chance – pour ma santé psychologique du moins – de ne plus être en vacances.

(Enfin on en reparle d’ici les prochaines)(peut-être que je les apprécierai davantage).


Et vous alors, vous êtes-vous déjà retrouvé dans une situation similaire? N’hésitez pas à partager vos expériences et surtout vos astuces pour passer ce cap ♥

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Comments (2)

  • Mélanie 3 semaines ago Reply

    Merci beaucoup ! Effectivement je suis contente d’en être sortie, même si ce n’était pas facile. En fait, cet été j’étais complètement perdu dans ma tête entre la notion de vacances et de travail. Je ne travaillais pas mais en même temps pour moi ce n’étaient pas des vacances… Je n’étais pas productive mais en même temps je ne faisais rien pour moi (j’entends m’adonner à des loisirs ou faire des aprem un peu cocooning par ex, à défaut de bosser).

    Le fait d’avoir repris un rythme ça m’aide. Dans un mois je suis en vacances et là je pourrai vraiment en profiter parce que je vois ça comme une vraie coupure 🙂 Enfin bref, ça rejoint un peu mon article sur le bonheur où je dis être pessimiste, c’est un long chemin pour déconstruire ses habitudes néfastes mais je suis sur la bonne voie 🙂

  • Agathe 3 semaines ago Reply

    Coucou Mélayaa !!!
    Je comprends ton point de vue, d’une certaine manière je crois que l’on a tous été confronté à ce genre de réflexion envers nous même : cocktail de reproches bien dévalorisant. C’est vrai que pouvoir faire beaucoup de choses parfois ne nous aide pas à réellement le faire, parce qu’on a tellement d’idée qu’on ne sait pas par où commencer. Et du coup on se décourage, puis on fait rien et on culpabilise de ne rien faire, comme tu l’as si bien expliqué dans ton article. En fait il faut s’impose une discipline saine envers soi-même en faisant un programme de ce qu’on veut faire et de ce qu’on doit faire pour y arriver. Mais il faut le faire avec plaisir, il ne faut pas que ce soit une corvée ^^ Enfin l’important c’est que tu sois sortie de ce cercle « vicieux ». =)

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